
Une chute peut affecter la confiance en soi autant que la sécurité physique. Vous ne pouvez pas éliminer tous les risques, mais vous pouvez rendre les déplacements du quotidien plus sûrs et repérer rapidement les changements. Commencez par les priorités de la personne : demandez-lui ce qui lui semble difficile ou inquiétant, et faites les changements ensemble plutôt que de décider à sa place.
Les risques de chute peuvent évoluer avec le temps. Un nouvel incident évité de justesse, un changement dans la façon de marcher ou une hésitation grandissante dans les escaliers mérite votre attention, même s’il n’y a pas eu de blessure. L’Organisation mondiale de la Santé explique que les chutes peuvent être dues à plusieurs facteurs ; les prévenir consiste donc souvent à examiner différents aspects de la vie quotidienne (OMS : les chutes).
Une check-list pratique pour le logement et les habitudes du quotidien
Faites ensemble le tour du logement à un moment calme. Demandez à la personne âgée où elle se sent le moins stable et vérifiez les trajets qu’elle emprunte le plus souvent : du lit à la salle de bains, de la cuisine à la table, ainsi que les entrées et les escaliers.
Dégagez les passages
- Retirez des passages les tapis non fixés, les câbles qui traînent, les objets encombrants et tout autre obstacle sur lequel on pourrait trébucher. Si un tapis doit rester en place, demandez conseil à un ergothérapeute local ou à un autre professionnel compétent pour trouver des solutions plus sûres.
- Gardez les objets utilisés fréquemment à portée de main. Évitez de ranger les objets indispensables en hauteur ou dans des endroits où la personne doit se pencher, s’étirer ou monter sur quelque chose.
- Faites en sorte que les escaliers et les couloirs soient faciles à emprunter. Vérifiez que les mains courantes sont bien fixées et qu’aucun objet ne les encombre.
- Prévoyez un éclairage qui permet de bien voir les marches et les différences de niveau, y compris la nuit. Placez une source de lumière à portée de main près du lit.
Facilitez les tâches du quotidien
- Vérifiez que les surfaces de la salle de bains et les entrées ne restent pas mouillées ou glissantes. Demandez à un professionnel de santé quels types de barres d’appui ou d’autres équipements conviendraient, plutôt que de choisir au hasard.
- Choisissez des chaussures bien ajustées et stables, avec une fermeture sûre et une semelle antidérapante. Évitez de marcher en chaussettes sur des sols glissants.
- Gardez un téléphone ou un autre moyen d’appeler à l’aide à portée de main, surtout lorsque la personne est seule.
- Prévoyez des transitions sans précipitation. Si la personne ne se sent pas stable lorsqu’elle se lève ou marche, faites une pause et laissez-la avancer à son rythme. Demandez à un professionnel de santé quel soutien serait adapté.
Vous pouvez utiliser la Liste de sécurité du logement pour personnes âgées pour organiser une vérification pièce par pièce. Le National Institute on Aging recommande également d’examiner les risques dans le logement, la vue et les médicaments dans le cadre de la prévention des chutes (NIA : chutes et fractures chez les personnes âgées).
Repérer les changements et demander un bilan
Soyez attentif aux tendances sans attendre une chute grave. Notez les incidents évités de justesse, les nouvelles difficultés à se tenir debout ou à marcher, le fait de s’appuyer sur les meubles, d’éviter certaines activités ou d’avoir davantage besoin d’aide pour les tâches du quotidien. Un changement de confiance en soi peut être important même si la personne ne s’est pas blessée.
Prenez rendez-vous avec son médecin ou un autre professionnel de santé compétent en cas de chute, d’incidents répétés évités de justesse, de changement notable de l’équilibre ou de la marche, ou de nouvelle inquiétude concernant la sécurité au quotidien. Demandez si un bilan de la mobilité, de la vue, de l’audition, des chaussures, des problèmes de santé ou des médicaments serait utile. Certains médicaments peuvent provoquer des étourdissements ou une instabilité, mais n’arrêtez pas et ne modifiez pas les médicaments sans l’avis du prescripteur ou du pharmacien.
Demandez quels types d’activité sont sûrs et adaptés à la personne. Rester actif peut contribuer à préserver la force et l’équilibre, mais l’activité qui convient dépend de la situation de chacun. Un médecin, un kinésithérapeute ou un autre professionnel qualifié peut aider à établir un programme adapté. Évitez d’encourager la personne à essayer des exercices ou du matériel qu’elle ne connaît pas sans accompagnement.
Pour le rendez-vous, apportez des exemples précis : quand la chute ou l’incident évité de justesse s’est produit, ce que faisait la personne et si quelque chose semblait différent ce jour-là. Le Registre des chutes peut aider à consigner ces informations, et une Fiche de préparation de rendez-vous peut vous aider à organiser vos questions.
Que faire après une chute
Commencez par vérifier si la personne réagit et s’il existe un danger immédiat. Ne vous précipitez pas pour la relever si elle risque d’être gravement blessée ou si le fait de la soulever pourrait vous blesser l’un ou l’autre. Appelez le numéro d’urgence local si elle est gravement blessée, ne peut pas se relever, souffre beaucoup ou saigne, semble soudainement confuse ou si vous soupçonnez une blessure grave. Si vous ne savez pas quoi faire, contactez les services médicaux d’urgence locaux pour obtenir des conseils.
Si elle s’est cogné la tête ou présente des symptômes inquiétants après une chute, demandez rapidement un avis médical. Même en l’absence de blessure apparente, informez son médecin ou son équipe soignante de la chute, surtout si ce n’est pas la première fois ou si sa façon de se déplacer a changé. Suivez les consignes des services d’urgence et de santé locaux ; la conduite à tenir peut dépendre des circonstances.
Lorsque la situation immédiate ne présente plus de danger, notez la date et l’heure, l’endroit où la chute s’est produite, ce que faisait la personne, les éventuelles blessures ou symptômes, ainsi que les personnes contactées. Avec l’accord de la personne, partagez ces notes avec la famille ou le personnel soignant. Le Générateur de journal quotidien de l’aidant peut vous aider à rassembler vos observations au même endroit.
Quand les besoins évoluent : gardez un plan souple
Si la personne n’est pas tombée, mais que vous remarquez de nouveaux risques ou des hésitations, commencez par en parler avec elle et vérifier le logement. Si elle a fait une chute ou que sa mobilité a changé, demandez l’avis d’un professionnel et convenez ensemble des prochaines étapes pratiques. Si les chutes ou les besoins de soutien continuent d’augmenter, demandez à l’équipe soignante si une évaluation du logement ou une aide supplémentaire serait indiquée. Ces étapes sont des pistes utiles, pas des étapes fixes : les besoins varient d’une personne à l’autre et les changements ne suivent pas un parcours prévisible.
Réexaminez le plan après une chute, un changement de santé ou de routine, un déménagement ou l’installation d’un nouvel équipement. Veillez à ce que les personnes qui apportent leur aide sachent quel soutien la personne préfère, comment joindre la famille ou l’équipe soignante et quoi faire en cas d’inquiétude. Un Planning hebdomadaire d'aide partagé peut aider à répartir les visites et les tâches pratiques.
Prenez aussi soin de vous
Il est plus facile de maintenir des mesures de prévention des chutes lorsqu’elles sont partagées. Demandez à des proches, à des amis ou à des aides rémunérées de s’occuper de tâches précises, comme vérifier un éclairage, accompagner la personne à un rendez-vous ou dégager les passages. Faites participer la personne aux décisions et respectez autant que possible sa vie privée et son autonomie.
Si vous commencez à vous épuiser ou à craindre de ne pas pouvoir être disponible à tout moment, parlez-en à une personne de confiance et demandez à l’équipe soignante ou aux services d’aide locaux quelles solutions sont disponibles. Faire une pause contribue à rendre l’aide viable ; ce n’est pas un échec. De petits changements convenus ensemble et une communication claire peuvent aider la personne âgée à se sentir plus en sécurité sans donner à son domicile l’impression d’être soumis à une liste d’interdictions.
Sources
- Falls — World Health Organization
- Falls and fractures in older adults — National Institute on Aging
CareTaskNest aide les familles à organiser l'aide au quotidien. Le site ne fournit ni avis médical, ni diagnostic, ni traitement. En cas d'urgence, appelez le numéro d'urgence local (112).